Chez Marie
 









 



CIGUË (Grande)

Conium maculatum
Famille des Ombellifères


NOMS COMMUNS :
Faux persil, Persil bâtard, Mort-aux-oies, Ciguë de Socrate

CONSTITUANTS PRINCIPAUX :
Une huile essentielle, des alcaloïdes, de la résine, des sels, une matière colorante

PARTIES UTILIS
ÉES :
Les semences et les feuilles

DESCRIPTION :

La grande ciguë est une plante bisannuelle de 80 cm à 2 mètres de hauteur, glabre, à port d’ombellifère, dégageant au froissement une odeur désagréable, vivant en colonie. La tige est dressée, robuste, creuse, striée, un peu glauque, tachée de pourpre dans sa partie inférieure, très rameuse. Les feuilles sont grandes à la base, munies d’un long pétiole taché de pourpre vers le bas. Elles sont 3-5 fois complètement divisées en segments plus ou moins triangulaires, eux-mêmes lobés et dentés. Les fleurs sont petites, blanches, réunies en ombelles terminales de petites taille à 10-20 rayons inégaux. Les involucres ont 3 à 5 bractées courtes et renversées. La floraison à lieu de juin à août. Les fruits sont petits, presque globuleux, et à 10 côtés saillants ondulées. La partie souterraine est une racine pivotante développée.


CULTURE ET RÉCOLTE :

On trouve la grande ciguë sur le bord des chemins et dans les décombres, dans presque toute la France et toute l’Europe. Elle pousse également dans les régions tempérées d'Asie et d'Amérique du Nord. Les feuilles se récoltent en mai et juin, avant la floraison. Les fruits sont récoltés à pleine maturité. Il faut fait sécher les feuilles à l'abri de la lumière.


PROPRIÉTÉS :

- Analgésique
- Antispasmodique
- Sédative

INDICATIONS :

- Raideurs musculaires
- Spasmes
- Toux spasmodiques


UN PEU D'HISTOIRE :

Cette plante toxique qui empoisonnait d'une manière très officielle les condamnés à mort d'Athènes (dont Socrate), d'Espagne et même du Marseille antique, n'a pas bonne réputation puisqu'on attribue sa création au diable (en Bretagne surtout). Au Moyen Âge, les sorcières délaissaient parfois leur balai pour enfourcher une tige de ciguë et s'envoler ainsi dans les airs. La plante entrait également dans la composition de l'onguent qu'elles se passaient sur le corps avant de se rendre au sabbat. Dans la tradition anglo-saxonne, elle est aussi utilisée par les sorcières pour évoquer les esprits et opérer leurs méfaits. Les Anglais la surnomment « farine d'avoine du diable » et menacent les enfants qui y toucheraient de se faire emporter par le démon. Les mages de la Mésopotamie se servaient de la ciguë pour « obtenir la protection des astres », les Cimmériens pour se délivrer d'un envoûtement sexuel. Selon une tradition iranienne, on purifie et renforce le pouvoir magique des couteaux rituels en les frottant de suc de ciguë.

ATTENTION :

Le poison que renferme la ciguë a un effet curarisant, paralysant des muscles et des nerfs sensitifs. A fortes doses, elle abolit la respiration. Cette plante n'est pas du tout utilisée en France.


Cette fiche ne constitue en aucun cas un manuel d'exécution ni une référence
et ne peut remplacer l'expérience et le savoir-faire d'un professionnel.